Terezin – le mémorial de la douleur

 

Le 28 avril 2007 nous partons pour Terezin pour lire encore une page de l’histoire de nos amis tchèques inscrite dans les murs de la Petite forteresse de Terezin. C’est une page triste qui doit toujours rappeler les funestes conséquences de l’oppression de la liberté, de la démocratie et des droits de l’homme. Pour nous, la génération qui n’a pas connue la guerre, les enfants du bien-être, le Mémorial de Terezin est un lieu de la douleur qui restera toujours dans notre mémoire comme un signe d’avertissement contre les horreurs de la guerre.

Avant de pénétrer dans l’enceinte du musée et de rencontrer notre guide, nous remarquons, un peu choqués, je dois reconnaître, le cimitière national fondé en septembre 1945 et qui abrite, nous allions apprendre cela un peu plus tard, les dépouilles d’environ 10 000 victimes de la prison de police de la Gestapo dans la Petite forteresse, du ghetto juif de la ville de Terezin et du camp de concentration de Litomĕřice.

Une fois à l’intérieur du Mémorial le guide nous donne des renseignements sur l’histoire de la Petite forteresse. Elle a été construite à la fin du XVIIIe siècle, comme une partie de l’ensemble des fortifications nommées Terezin en hommage à l’impératrice Marie – Thérèse qui avait beaucoup fait pour le peuple tchèque. Elle a servi dès le début de sa fondation de prison pour tous ceux qui ont lutté pour la libération nationale, comme par exemple le leader de l’insurrection anti – turque en Grèce A. Ypsilanti ou les insurgés hongrois et pragois de 1848. Toujours ici dans un cachot a été emprisonné pendant la Première Guerre mondiale l’auteur de l’attentat contre François – Ferdinand d’Este.

Pendant la Deuxième Guerre mondiale, la Petite forteresse de Terezin est devenue une prison de la gestapo de Prague. Par cette forteresse ont passé environ 32 000 détenus dont 5000 femmes, la plupart des Tchèques, mais aussi des prisonniers de l’ancienne Union soviétique, de Pologne, Allemagne et des Slaves du sud. De tous les prisonniers, les Juifs ont mené ici la vie la plus dure.

Les prisonniers étaient en grande partie des personnes arrêtées pour  s'être opposées au régime nazi. Pour la plupart d’entre eux, la Petite forteresse n’a été qu’un lieu de passage, car les prisonniers étaient ensuite transférés dans des camps de concentration où 5500 personnes ont péri. Mais Terezin même a eu ses morts,  2 600 détenus y ont perdu leur vie à cause des mauvaises conditions de vie, des maladies, des tortures infligées par les gardiens et des exécutions.

Nous  avons ensuite passé à la visite des bâtiments et des cours intérieures qui forment la Petite forteresse en commençant par la Cour administrative avec la Réception où il y avait le registre de la prison, le Poste de Police où on faisait la censure du courrier et les interrogatoires des prisonniers, le bureau du commandant de la prison, Heinrich  Jöckel, bien connu pour sa cruauté, l’entrepôt de vêtements où les prisonniers échangeaient leurs vêtements civiles avec les uniformes militaires des armées vaincues.

Par la Porte avec l’inscription « Arbeit macht frei » caractéristique plutôt pour les camps de concentration nazis et non pas pour une prison de la gestapo, nous entrons dans la première cour où il y a 17 cellules et 20 cachots. On nous a expliqué que dans ces petites cellules entraient de 60 à 90 prisonniers. Les cellules pour les juifs étaient encore plus mauvaises car ici les hommes devaient rester debout ou s’asseoir directement sur le sol. Le traitement des prisonniers était ici inhumain.

Toujours dans cette cour se trouvent l’infirmerie où les malades étaient soignés par des médecins prisonniers, la salle de bain et d’épouillage et la salle Ledit barbier modèle, aménagée en 1944 lors d’une inspection qui devrait montrer l’attention particulière accordée à l’hygiène dans la prison et qui n’a jamais été utilisée par les détenus.

Nous avons ensuite emprunté le couloir de jonction, un morceau exemple de la fortification d’origine pour arriver au poteau d’exécution et aux fosses communes. Même si la Petite Forteresse était un lieu de passage, il y a eu pourtant des exécutions, la plus importante s’étant passée le 2 mai 1945 lorsque 52 personnes, des membres d’organisations de résistance y ont été fusillés.

Dans la IIIe cour il y a encore la piscine qui servait aux familles des gardiens pour se baigner et le cinéma pour le personnel surveillant. Dans le cinéma nous avons pu visiter la salle d’exposition et visionner un film documentaire sur la thématique de Terezin.

Cette visite de documentation s’est constituée pour nous dans une leçon de patriotisme donnée par ceux qui ont eu le courage de s’élever contre un régime injuste, inhumain et criminel qui a été le régime nazi, et en même temps une leçon sur les effets dévastateurs des guerres, sur les monstruosités qu’elles peuvent engendrer.

 

                                                                     Réalisé par : Marina Cucu

                                                Professeur coordinateur : Carmen Lozonschi