Prague- histoire et littérature

 

Dimanche, le 22 avril 2007 nous revenons à Prague pour découvrir son côté littéraire et historique.

Tout d’abord nous franchissons le pont Charles (Karlův Most), le symbole de Prague par excellence, qui unit les quartiers historiques de Staré Mĕsto et Mála Strana. Ce pont, construit sous le règne de Charles IV (seconde moitié du XIV-e siècle), enjambe le fleuve La Moldau [Vltava], l’un des fleuves les plus célèbres du monde grâce à l’oeuvre symphonique de Smetana. Pour nous, le nom de ce fleuve est encore plus chéri parce qu’il porte le même nom que la rivière qui traverse notre ville, Moldova. Aux extrémités du pont Charles notre regard rencontre deux tours qui faisaient partie autrefois des édifices de défense de Prague. L’aspect gothique du pont est mis en valeur par les groupes statuaires (à peu près 30 oeuvres), la plus part des copies, car les originaux en grès ont été  protégés à cause des dégradations dues à la pollution atmosphérique.

Nous avons été tous impressionnés par l`atmosphère d`église à ciel ouvert créée par ce pont. A l’entrée sur le pont, Le Saint Pierre nous accueillit avec son coq, à côté il y a Saint Andrée et Saint Jacov, ceux qui ont laissé les filets pour devenir des pêcheurs d’hommes et Saint Antoine de Padoue, qui nous bénit en tenant dans ses bras l’enfant Jésus.

Après avoir traversé le pont on sent tout de suite que l’on est dans une autre partie de la ville: Malá Strana, le quartier résidentiel, convoité depuis le XVe et XVIe siècle pour ses fastueux palais et magnifiques lieux de culte.

Notre premier arrêt est l’Eglise Saint Nicolas, splendide création baroque de Bohême du XVIIe siècle dressée par les architectes bavarois de la famille Dientzenhofer. Elle a appartenu jadis aux jésuites qui avaient fait d’elle l'instrument le plus important de la Contre-réforme en Bohême. A l’intérieur, nous admirons les riches décorations baroques et les magnifiques fresques (XVIIIe siècle) représentant des scènes de la vie de Saint Nicolas, on nous dit, les plus grandes dans ce genre en Europe. Quelle différence entre la magnificence presque démesurée de cette église et nos petites églises de Moldavie ! Cette grandeur est ici accablante, nous vivons le sentiment de la petitesse de l’homme. Dans les petites églises roumaines nous avons l’impression que Dieu est plus proche de ses fidèles, qu’il est presque humain. Nous retrouvons ici un peu  l’atmosphère figée des grandes cathédrales de Transylvanie.

            Nous prenons ensuite la rue Nerudova qui porte le nom du poète, écrivain et journaliste tchèque Jan Neruda (1834-1891) et passons devant le siège de l’ambassade de Roumanie, qui se trouve dans le Palais Morzin. Il semble que l'on doit au grand  homme politique Nicolae Titulescu le droit de la Roumanie de détenir ce palais au coeur de Prague. Les alliances réalisées pendant les deux guerres mondiales ont fait que la Roumanie soit comptée parmi les meilleurs amis de la République Tchèque.

A un moment donné, devant nous, Le Château de Prague (Pražský hrad) s’élève majestueusement. Les dimensions font de ce château une des forteresses les plus importantes du monde. L’édifice qui représente l’essence même de Prague date de la seconde moitié du IXe siècle.

            Nous pénétrons dans la cour d’honneur par un portail en fer forgé surveillé par deux soldats de la garde et flanqué par le combat des deux géants, oeuvre du sculpteur rococo Ignaz Platzer. Nous y sommes tombés juste au moment du changement des gardes, accompagné par une fanfare et un défilé solennel. La troisième cour, et la plus imposante, mène au Palais Royal, au Jardin du Paradis et à la Cathédrale Saint Guy (Chram sv. Vita). Dans la cour de la cathédrale il y a la statue en bronze du Saint Georges, réalisée en 1373 par deux Roumains Gheorghe et Martin de Cluj. En 1541 la statue a été de nouveau tourné en bronze par Tomáš Jaroš, la dernière fois étant modelée en 1928.

            La cathédrale Saint Guy nous a impressionné par sa magnifique façade néogothique, son riche portail et sa splendide rosace représentant des épisodes de la Création et par son intérieur monumental en style gothique.

            Nous ne pouvons pas quitter ce lieu chargé d’histoire sans passer par la pittoresque ruelle dorée, appelée aussi la Ruelle des Alchimistes. La légende dit que dans la Tour Mihulka, les alchimistes de Rodolphe II auraient cherché à obtenir la Pierre philosophale et de l’or. La rue est connue également par le fait qu’ici Frantz Kafka a rédigé certains textes de son ouvrage Un médecin de campagne et que Jaroslav Seifert, poète qui a reçu le prix Nobel en 1948, a lui aussi habité ici pendant une certaine période.

Nous restons dans le domaine de la littérature et nous nous dirigeons vers le Couvent de Strahov, l’un des centres religieux les plus importants du pays, l’une des abbayes les plus riches de la région et l’un des endroits où régnaient les arts et les sciences.

A l’intérieur se trouve le Musée de la Littérature Nationale avec sa Bibliothèque Historique qui abrite des témoignages de la littérature Tchèque allant du IXe siècle au XVIIIe siècle. Ce qui nous a fasciné le plus c’étaient la Salle de Philosophie avec ses 50000 livres et le plafond peint aux couleurs lumineuses représentant l’histoire de la philosophie de l’humanité et la  Salle de Théologie qui porte ce nom à cause du contenu essentiellement théologique de ses volumes. Le milieu de la salle est occupé par des globes terrestres et astronomiques. Dans le couloir qui lie les deux  Salles est conservée une copie des Evangiles de Strahov datant du IXe siècle.

Cette deuxième visite de documentation nous a permis de découvrir des choses nouvelles et approfondir nos connaissances sur l’histoire et la littérature tchèque. Elle nous a également offert la possibilité de faire une comparaison  entre deux cultures assez différentes, la culture roumaine et celle tchèque.

 

                                                                     Réalisé par : Ilaria Ghercă

                                                Professeur coordinateur : Carmen Lozonschi