A la recherche

du Golem

 

 

 

Notre première visite de documentation en République Tchèque commence le 19 avril 2007 avec sa capitale, Prague. La ville de Prague, surnommée la ville dorée, n’est pas seulement une ville superbe avec des monuments, palais et cathédrales impressionnants qui témoignent son riche patrimoine cultural, mais aussi l’endroit où le mythe du Golem este né. Par conséquent, nous nous sommes proposés pour cette première visite de Prague de retrouver et retracer l’histoire du Golem.

Le point de départ a été le théâtre Hybernia, un bâtiment construit sur l’emplacement d’un ancien monastère et entre les murs duquel on a découvert pendant la reconstruction une petite pièce sans entrée et sans sortie, ce qui a fait être considérée le lieu ou Golem avait été enterré. C’est pourquoi ce théâtre a été choisi par le compositeur Karel Svoboda du musical Golem auquel nous avons assisté dans la soirée, comme lieu pour la représentation de son spectacle.

La guide nous a fait ensuite visiter le bâtiment, la salle de spectacle munie d’équipements très modernes pour les techniques théâtrales et ayant une capacité de 1000 personnes, les coulisses où il y avaient de différents objets qui faisaient partie du décor et les garde-robes avec les imposants costumes du spectacle, la scène tournante et la chapelle du Golem. Du haut de la terrasse on a admiré le beau panorama de la ville et on a repéré quelques monuments des alentours. Juste en face, il y a La Maison Municipale, construite entre 1906-1912 en style Sécession praguois, ayant sur la façade un mosaïque illustrant l’Apothéose de Prague. C'est un bâtiment destinée à présent aux réceptions, concerts et réunions. Cette maison a eu son importance historique car c’est ici que la République Tchécoslovaque a été proclamée le 28 oct. 1918 et en 1989 il y a eu des négociations entre le pouvoir communiste de l’époque et l’opposition menée par Vaclav Havel. A coté de la Maison Municipale s’élève la Tour Poudrière, construction imposante de style gothique (XV-e siècle) dont sur la façade on peut admirer les armoiries et les statues des Saints et des Souverains de Bohême.

Nous poursuivons notre route en empruntant la voie royale (la rue Celetná), appelée aussi “la voie du couronnement” qui mène jusqu à la place de la Vieille Ville en imaginant les processions royales qui allaient du château de la Vieille Ville jusqu’à la cathédrale Saint Guy où étaient couronnés les rois.

Une fois dans la place de la vieille ville (Staromĕstské námáĕstí), une place d’une grande importance historique car elle a été le théâtre des événements heureux  et tragiques qui ont marqué l’histoire millénaire de Prague, on admire tout autour de l’Hôtel de Ville de Staré Mĕsto (XII-e siècle) les anciennes demeures patriciennes: “A la licorne en or” qui a abrité la première école de musique du célèbre compositeur B Smetana, la Maison Storch avec sa fresque représentant Saint Venceslas à cheval, la Maison “U Minuty”, richement décorée de sgraffites, l’Eglise Notre-Dame-de-Tyn de style gothique(XIVe siècle).

Sur la façade de la Tour de l’Hôtel de Ville nous attire l’attention l’horloge astronomique datant du XVe siècle. A chaque heure, le cortège suggestif des apôtres m’a fait me rappeler l’horloge de Sighisoara. Ici, il y a deux cadrans: celui supérieur représente les signes du zodiaque et l’autre inférieur est le calendrier. Les personnages qui entourent le cadran supérieur sont des allégories que symbolisent la “Vanité”, “l’Avarice”, “la Mort” et la “Luxure”

Les pistes de notre recherche sur le mythe du Golem nous conduisent dans l’ancien ghetto Juif de Prague qui a une grande importante culturelle. Il faut souligner ici que l’histoire de Juifs a été le long des siècles étroitement liée à celle des Tchèques. Le quartier Juif comprend un ensemble de monuments laïcs et religieux ainsi que l’ancien cimitière. Il porte le nom de Josehov en l’honneur de l’Empereur Joseph II (qui a fait abattre les murs du ghetto pour restructurer le quartier Juif) et constitue aujourd’hui un grand musée à ciel ouvert.

Nous commençons par visiter l’ancien cimitière Juif, considéré le second plus grand cimitière Juif d’Europe, après celui de Worms et dont la caractéristique principale  est la superposition de ses pierres tombales (environ 20000) en arrivant à former douze couches    successives. La guide nous explique que, puisque la représentation picturale des morts était interdite dans la croyance juive, on peut voir des carpes, des renards, des lions, des ours, des livres, des pots qui ornent les pierres tombales fournissant ainsi des informations sur le sexe et la condition du défunt ainsi que sur son appartenance à un art, métier ou classe sociale. Nous nous sommes arrêtés au tombe du rabbin Mordechaï Maïsel (mort en 1601), maire de la Cité Juive au temps duquel  le ghetto a connu une période florissante ainsi qu’au tombe de style Renaissance du grand rabbin Judah Loew (mort en 1609) entré dans l’histoire mon pas seulement comme grand cabaliste et théologien mais aussi comme le créateur du légendaire Golem. D’après la légende, Golem était un être artificiel de boue et de terre. Il a été créé par le rabbin Loew pour protéger et aider la communauté juive de Prague pendant les périodes de persécution.

Nous continuons avec la synagogue Klausen (XVII –e siècle) qui a été érigée sur l’emplacement d’une ancienne école juive où le rabbin Loew a enseigné le Talmud. Cette synagogue abrite une exposition « Traditions et coutumes juives » qui présentent la vie quotidienne d’une famille juive ainsi que les coutumes liées à la naissance, la circoncision, le mariage et le divorce.

La synagogue Vieille-Nouvelle (XIII-e siècle) est liée au mythe du Golem par le fait qu’un jour où Golem était devenu dangereux et traversait la ville comme un sauvage, détruisant tout, le rabbin Loew l’avait retransformé en un tas de boue dans les combles de cette synagogue. On remarque aussi que la synagogue Vieille-Nouvelle est encore destinée aux services religieux.

Dans la synagogue Maïsel, la guide nous a présenté des données historiques sur l’arrivée des Juifs en Pays tchèques au X-e siècle, quel était leur statut juridique et social, dans le cadre de l’état médiéval.

La Synagogue espagnole m’a beaucoup plu grâce à son aspect Maure et à son intérieur qui rappelle l’Alhambra de Grenade. Son nom vient d’une communauté de Juifs espagnols venus à Prague pour fuir les persécutions. La synagogue espagnole abrite la II-ème partie de l’histoire des Juifs en Bohême et en Moravie présentée dans la synagogue Maïsel.

La plus impressionnante, la plus touchante des synagogues reste sans doute la synagogue Pinkas. Elle abrite depuis les années 50 du XX-e siècle un mémorial pour les victimes de l’Holocauste. Sur ses murs  sont inscrits 77 297 noms des Juifs assassinés pendant le « protectorat de Bohême-Moravie ». Leurs noms sont inscrits en ordre alphabétique selon le lieu d’origine et le nom de famille. Nous avons lu beaucoup de noms de petits enfants, des familles entières. Au premier étage de la synagogue il y a une exposition de dessins des enfants âgés de moins de 15 ans, prisonniers du ghetto de Terezin qui avaient été déportés à l’Est et qui la plus grande partie n’avait pas survécu. C’est un témoignage touchant de leur destin tragique qui en même temps nous attire l’attention sur les horreurs de la guerre et du nazisme en particulier.

Notre première visite de documentation à Prague finit le soir par le retour au point de départ, au théâtre Hybernia où nous avons assisté au musical Golem, un spectacle tout à fait impressionnant avec une mise en scène qui a usé des moyens techniques très modernes et qui a été très instructive pour la future mise en scène de nos contes de fées. Pendant le spectacle nous avons suivi le jeu des acteurs, leurs gestes, leur mimique, les décors, les costumes, l’éclairage, la chorégraphie, la musique et l’atmosphère créée. Nous nous sommes rendus compte mieux des fonctions du costume pour la caractérisation des personnages: milieu, époque, style, des gestes, du maquillage, de la valeur esthétique du décor, des signes qui sont des parties du langage dramaturgique.

On a été tous fascinés par la scénographie du musical Golem: les décors changeaient rapidement et c’était plus impressionnant encore parce qu’il s’agissait des décors assez complexes  pour créer l’atmosphère d’époque  Il y avait un équilibre parfait entre les différents types de mouvements « sur scène » et des mouvements « de la scène ».

L’utilisation d’une scène tournante, du décor comportant plusieurs aires de jeu, des murs coulissants, des décors à éléments mobiles,  le jeu magnifique des acteurs, le scénario et les airs musicaux et la possibilité de suivre les répliques en six langues sur un écran suspendu, voilà quelques détails qui ont fait le succès du musical Golem.

 

                                                             Réalisé par : Petronela Dănilă

                                                 Professeur coordinateur : Carmen Lozonschi