Dans le monde des contes de Ion Creangã

 

C’est le moment du départ dans la découverte du patrimoine historique et culturel de mon département de Neamţ. Nous sommes allés tout d’abord avec nos collègues tchèques à Târgu Neamţ pour faire connaissance avec la figure historique et mythique du prince Etienne le Grand et les légendes tissées autour lui.

Dans le car, notre collègue Bianca Toma nous a présenté quelques données sur la Forteresse de Neamţ, élevée sur Picture 011le territoire de la ville de Târgu Neamţ, au temps du règne de Petru le I-er Muşat au XIV-e siècle. La Forteresse de Neamţ a été ensuite reconstruite et agrandie par Etienne le Grand au XV-e siècle. Elle a représenté une importante forteresse du système défensif de la Moldavie au Moyen Age et a été plusieurs fois assiégée, en 1395 par les Hongrois, en 1476 par les Turcs et en 1961 par l’armée polonaise, conduite par le roi Ioan Sobieski. Ces événements historiques sont passés de l’histoire dans la littérature à travers la légende: La mère d’Etienne le Grand et l’écrit Sobieski et les Romains.

La beauté du paysage et la massivité de la forteresse ont impressionné agréablement noP1010055s collègues tchèques. A l’aide des inscriptions posées sur les murs, nous nous sommes imaginés des histories d’aventures et d’amour qui auraient pu se passer à l’abri des remparts. Cela a été également une belle occasion d’évoquer les efforts de l’illustre prince et voïévode Etienne le Grand de s’opposer à l’expansion des Turcs vers l’Occident. Ici, aux Portes de l’Orient, la résistance des Roumains a constitué un rempart pour la défense du monde chrétien de l’Occident  européen. Ce n’est pas pour rien qu’il a été qualifié par le pape Sixte IV “ l’athlète du Christ”.

Les stratégies adoptées par le grand prince dans la politique interne, sa préoccupation constante pour l’art et la culture, ses initiatives d’organiser le pouvoir armé et de promouvoir une politique externe vigoureuse dont l’objectif principal fut la défense de l’indépendance et de l’intégrité territoriale de la Moldavie et du monde chrétien prouvent pleinement son amour pour son people ardent et courageux et le motif de son importance dans l’histoire.

Nous continuons notre itinéraire de conte de fée par la visite de la maison paternelle de l’écrivain roumain I. Creangă. I. Creangă est un prosateur très cher aux Romains, enfants et adultes, pour son livre autobiographique, Souvenirs d’enfance, une véritable monographie du village roumain où il raconte avec humour et tendresse des épisodes très drôles  de son enfance. Il est aussi bien connu grâce à ses contes (La belle-mère à trois brus, La chèvre aux trois chevreaux, La Petite bourse à deux sous, Le Nègre Blanc, L’ours dupé par le renard) inspirés de la littérature populaire.

Nous tous, nous avons été fascinés de retrouver dans ce vingt et unième siècle l’atmosphère simple et magique à la fois d’une maison du XIX-e siècle. Les pièces petites, l’âtre blanchi à la chaux avec une ficelle  garnie de papillotes  pour la joie des chats, les couvertures traditionnelles et tous les objets ménagers d’origine! A côté, il y a le musée des personnages des écrits de I. Creangă, un véritable trajet en images à travers ses contes. Ici, nos collègues tchèques se sont rendus compte que, eux aussi, ils ont dans leur littérature le conte de L’ours dupé par le renard grâce aux traductions de la littérature universelle.

Nous ne pouvons pas finir notre visite de documentation sans passer par Târpeşti et visiter le Musée d’Art traditionnel Nicolae Popa qui abrite une riche collection d’ ethnographie locale contenant des objets utilitaires et décoratifs et des costumes populaires spécifiques à la région, une collection d’icônes et objets de culte, une collection de peinture naïve roumaine, une collection numismatique contenant des pièces antiques et des pièces actuelles, roumaines et étrangères et la collection de sculpture naïve qui contient les ouvrages réalisés au fil du temps par le créateur populaire même, Nicolae Popa.

     Nous avons assisté aussi à un spectacle folklorique sur les traditions roumaines d’hiver présenté par quelques élèves de l’école de Târpeşti sous la coordination de l'artiste populaire Nicolae Popa. Nos collègues tchèques ont été profondément impressionnés par nos traditions et ont voulu savoir les significations cachées derrière la danse magique des masques. Notre guide, Nicolae Popa, nous a expliqué qu’à la veille du Noël, les jeunes célibataires, déguisés et masqués en chèvre, cerf au ours, font, en cortége de danse, de bons voeux, au milieu des membres de la collectivité. La coutume s’est maintenue le mieux dans la région de Moldavie. Ce culte des masques animaliers qui s’est perpétué jusqu’aujourd’hui a existé tant dans les croyances et les traditions de nos ancêtres, les Daces, que chez les Romains. Les masques populaires roumains personnifient non seulement des animaux considérés sacrés mais aussi les esprits des ancêtres ou des esprits des éléments de la nature (l’eau, le feu) ou de la végétation, tout autant des symboles de la fécondité. C’est pourquoi il y a la croyance que la danse de ces « colindători » (chanteurs quêteurs) de Noël a un rôle purificateur, d’exorcisation des esprits maléfiques, qu’elle apporte de la santé et de la richesse.

      A la fin, nos amis tchèques ont été invités à vêtir des costumes  populaires roumains et de danser la ronde traditionnelle pour vivre pleinement l’esprit gai des Roumains.

 

                                                                                                   

Réalisé par : Florin Apetrei

                                                                                       

Professeur coordinateur : Carmen Lozonschi